Après avoir vécu trois décennies hors de l’Uruguay, Jorge Drexler ressenti le besoin de renforcer ses liens avec sa patrie. Ce moment a coïncidé avec plusieurs événements marquants de sa vie : la mort de son père, ainsi que la découverte d’une nouvelle génération de musiciens uruguayens qui le fascinait et l’évolution notable du candombe, une musique et une danse traditionnelles uruguayennes déclarées patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009.

Organiquement, le candombe est devenu le fil conducteur de son nouvel album, Taracaensemble. L’ensemble de 11 titres, sorti vendredi 13 mars sous Sony Music Spain, offre aux auditeurs une expérience sonore complète, avec les paroles et la batterie comme protagonistes dans presque toutes les chansons. Le titre vient d’une onomatopée pour le son du petit tambour ou garçon tambour. L’autre traduction possible est plus symbolique et signifie « estar acá », « être ici ». Ou, comme on l’abrégerait familièrement dans la région du Río de la Plata, « tar acá ».

“C’est un album de deuil, mais pour une raison étrange, il a clairement un caractère festif”, explique Drexler. Panneau d’affichage espagnol. “C’est un album vraiment pour le corps, pour la danse. Le chagrin et le désespoir prennent des formes imprévisibles, et parfois ce qu’on fait pour se sauver du désespoir, c’est chanter.”

Taraca est le premier album qu’il enregistre en Uruguay depuis 20 ans, bien qu’il y ait également travaillé à Porto Rico et en Espagne. Pour cette production, l’artiste lauréat d’un Oscar et d’un Grammy Latin a collaboré avec des invités allant de la star urbaine portoricaine Young Miko aux Uruguayens Rueda de Candombe, en passant par Américo Young, le groupe murga Falta y Resto, le guitariste Julio Cobeli et la cantaora espagnole Ángeles Toledano. Quant aux producteurs, on y retrouve des noms comme Lucas Piedra Cueva, Facundo Balta, Mauro, Tadu Vázquez, Gabo Lugo, Andrés « Fofo » Story et Carles « Campi » Campón.

Drexler explique que son nouveau LP se présente comme une œuvre de ponts générationnels et géographiques, stylistiques et temporels. Un exemple en est le morceau « ¿Qué Será Que Es ? », une adaptation espagnole de l’emblématique « O Que É, O Que É ? du Brésilien Gonzaguinha.

Ci-dessous, Drexler se penche sur cinq morceaux clés de son dernier projet. Pour écouter l’album complet, Cliquez ici.



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