Pour les réalisateurs aux sensibilités « bizarres »convaincre les critiques de cinéma est extrêmement important. Malheureusement, en 2026, tout cela s’est réduit à obtenir pour votre film une note “Certified Fresh” sur Rotten Tomatoes, ce qui peut être incroyablement trompeur puisque le site Web a approuvé beaucoup trop de critiques, dont beaucoup ont des goûts rigides et traditionnels. Cela rend également difficile la percée des films étranges et/ou difficiles.

La situation était bien différente dans les années 1980. Presque tous les grands journaux comptaient plus d’un critique de cinéma parmi leur personnel, tout comme les magazines d’information comme Time et Newsweek. Et même si certains de ces scénaristes utilisaient un système de classement par étoiles pour donner aux gens une idée rapide de ce qu’ils ressentaient à propos d’un film donné, il fallait quand même les lire pour savoir si ce film était quelque chose que vous pourriez creuser. (Et la plupart les critiques ont été très doués pour ne pas gâcher les points clés de l’intrigue.)

Pourtant, pour les petits films avec des budgets marketing minuscules et sans véritables stars de cinéma, il n’y avait rien de plus précieux que d’obtenir le feu vert de Roger Ebert et Gene Siskel. Même si je reproche surtout à Ebert d’avoir inspiré Rotten Tomatoeslui et Siskel aimaient les films et étaient à leur meilleur lorsqu’ils défendaient de grands films qui risquaient d’être négligés. Ebert était particulièrement doué dans ce domaine lorsqu’il rédigeait ses critiques pour le Chicago Sun-Times. Ici, il avait plus d’espace pour réfléchir aux qualités particulières d’un film étrange. Et il n’a jamais fait ça mieux qu’en son avis quatre étoiles pour “Paperhouse” de Bernard Rose, un film d’horreur fantastique exaltant et bizarre qui défie toute description simple. Son soutien a été essentiel pour me convaincre de louer le film en 1989.

Ebert pensait que Paperhouse était un film auquel il fallait « se rendre »

Quatre ans avant de faire le classique de l’horreur qui lance la franchise “Candyman”, Bernard Rose était un réalisateur de vidéoclips prodigieusement doué (il a réalisé « Relax » de Frankie Goes to Hollywood ») se préparant à réaliser son premier véritable long métrage. Il n’aurait pas pu choisir un projet plus étrange que “Paperhouse”. Basé sur le roman pour enfants de Catherine Storr “Marianne Dreams”, le film est centré sur Anna Madden (Charlotte Burke), une jeune fille de 11 ans qui, troublée par une forte fièvre, commence à rêver de choses qu’elle a dessinées lorsqu’elle est éveillée. Cela commence avec une maison, mais les choses deviennent troublantes quand, après avoir dessiné un visage regardant depuis une fenêtre, elle rencontre Marc (Elliott Spears), qui souffre de dystrophie musculaire et existe dans la vraie vie.

“Ce n’est pas un film qu’il faut mesurer, peser et sonder, mais auquel il faut s’abandonner”, a écrit Roger Ebert dans sa critique. Je ne pourrais pas être plus d’accord. Le film se déroule comme un rêve inquiet qui est toujours sur le point de se transformer en un véritable cauchemar (et cela arrive parfois). Alors que le lien entre Anna et Marc se renforce, Anna utilise ses rêves comme moyen d’échapper à sa triste réalité, qui comprend un père distant et alcoolique (Ben Cross). Elle aspire à s’enfuir avec Marc, mais son état de plus en plus grave rend cela impossible.

Le film de Rose est rafraîchissant, imprévisible et toujours enchanteur. Il vous suffit d’y aller. Comme Ebert l’a écrit :

“Paperhouse” n’est en aucun cas un simple film pour enfants, même si son sujet peut sembler l’orienter dans cette direction. Il s’agit d’un roman fantastique soigneusement écrit et minutieusement réalisé dans lequel les acteurs jouent leur rôle avec beaucoup de sérieux. En le regardant, j’étais absorbé par le développement de l’histoire et je me suis retrouvé à accepter la logique du film selon ses propres termes.

“Paperhouse” est actuellement diffusé sur Prime Video.





Source link