JAKARTA : La Cour constitutionnelle a de nouveau fermé la porte à la légalisation des mariages interreligieux. Le dernier procès concernant la loi sur le mariage a été déclaré inacceptable, pour la raison évidente que la pétition des pétitionnaires a été considérée comme difficile à comprendre.
La décision a été lue par le chef de la Cour constitutionnelle, Suhartoyo, lors d’une audience au bâtiment de la Cour constitutionnelle, dans le centre de Jakarta, lundi (2/2). Dans sa décision, la Cour constitutionnelle a déclaré que la demande ne pouvait être acceptée.
Cette affaire est enregistrée sous le numéro 265/PUU-XXIII/2025 et a été déposée par Henoch Thomas, Uswatun Hasanah et Syamsul Jahidin. Tous trois ont intenté une action en justice en vertu de l’article 2, paragraphe (1), de la loi numéro 1 de 1974 concernant le mariage.
L’OBJET DU PROCÈS N’EST PAS OBJECTIF
Dans ses considérations juridiques, la Cour constitutionnelle a estimé que les arguments du requérant portaient davantage sur la question de l’incertitude juridique dans l’enregistrement des mariages interreligieux. En fait, l’article 2 paragraphe (1) de la loi sur le mariage réglemente les conditions de validité d’un mariage, et non le mécanisme d’enregistrement de celui-ci.
Cet article stipule que le mariage est considéré comme valide s’il est célébré conformément aux lois de chaque religion et croyance. La Cour constitutionnelle a souligné que les arguments du requérant n’étaient pas conformes aux normes contestées et qu’elle avait donc du mal à comprendre ce qui était réellement demandé.
Dans leur requête, les requérants demandaient que cette disposition soit supprimée ou au moins modifiée, afin que les mariages entre personnes de religions différentes puissent être déclarés valides conformément à la loi.
Ce n’est pas la première fois que des poursuites liées aux mariages interreligieux sont examinées devant la Cour constitutionnelle.
En 2014, la Cour constitutionnelle a rejeté une demande similaire présentée par un groupe d’étudiants. Cette attitude a été réaffirmée en 2023, lorsque la Cour constitutionnelle a rejeté le contrôle judiciaire de l’article 2 paragraphe (1) et du paragraphe (2) ainsi que de l’article 8 lettre f de la loi sur le mariage.
Dans la décision de 2023, la Cour constitutionnelle a déclaré que la requête était juridiquement infondée et a estimé qu’il n’y avait aucune urgence pour que la Cour revienne sur sa position antérieure.
Les pétitionnaires dans cette dernière affaire soutiennent que le mariage interreligieux est une réalité sociale qui continue de se développer en Indonésie. Ils ont cité les données de la Conférence indonésienne sur la religion et la paix (CIPR) qui ont enregistré 1 655 couples s’étant mariés entre 2005 et juillet 2023, avec une tendance à la hausse chaque année.
Le pétitionnaire estime également que l’article 2, paragraphe (1), de la loi sur le mariage crée une insécurité juridique, en particulier lors de l’enregistrement des mariages pour les couples de religions différentes, et est considéré comme préjudiciable car leur mariage n’est pas reconnu comme valide par la loi.

