Quand on pense aux westerns modernes, il est difficile de ne pas évoquer l’image de Tommy Lee Jones traversant une étendue poussiéreuse et herbeuse à califourchon sur un cheval. Mais Jones n’est pas apparu dans un bateau honnête envers Ford jusqu’à ce qu’il rejoigne Robert Duvall sur la piste en la superbe adaptation en mini-série CBS du roman “Lonesome Dove” de Larry McMurtry. Quant au grand écran, son premier western officiel fut “The Missing”, un film austère de Ron Howard. Depuis lors, il a largement évité les westerns à moins qu’il ne prenne les devants. Cela a bien fonctionné pour Jones, ne serait-ce que parce que sa réputation de donner aux acteurs l’espace nécessaire pour habiter pleinement leurs personnages a amené certains de nos plus grands interprètes vivants au genre cinématographique le plus américain.

Exemple concret : Meryl Streep peut tout faire et a apparemment tout faitmais elle n’est pas apparue dans un western jusqu’à ce que Jones l’appelle avec un rôle petit mais crucial dans “The Homesman” de 2014 (qui est actuellement diffusé sur Prime Video). Contrairement au néo-western réalisé par Jones “Les Trois Enterrements de Melquiades Estrada”, “The Homesman” est un western pur et simple qui se déroule dans le territoire du Nebraska en 1854. Basé sur un roman de Glendon Swarthout, un écrivain polyvalent qui a écrit l’élégiaque “The Shootist” et le jeu de vacances de printemps “Where the Boys Are”, le film met en vedette Hilary Swank dans le rôle de Mary Bee Cuddy, une enseignante de 31 ans. de New York qui a déménagé sur le territoire à la recherche d’une vie stable et d’un mari. Lorsque cette dernière se révèle difficile à joindre, elle sombre dans une profonde dépression.

Cuddy se retrouve alors à entreprendre un périlleux voyage vers l’est jusqu’en Iowa, où elle doit livrer trois femmes locales dans un sanctuaire pour malades mentaux supervisé par un pasteur méthodiste et sa femme (Streep). Cuddy est contrarié à chaque étape du chemin mais persiste héroïquement. C’est là qu’intervient le personnage de Jones.

Meryl Streep fait que sa seule performance occidentale à ce jour compte dans The Homesman

Cuddy, inexpérimentée, est chargée de trois femmes souffrant d’une maladie appelée « folie des prairies » : Arabella Sours (Grace Gummer) est sous le choc de la perte de trois enfants à cause de la diphtérie, Gro Svendsen (Sonja Richter) a été épuisée par un mari violent et la mort de sa mère, et Theoline Belknap (Miranda Otto) ne tient qu’à un fil après avoir tué son propre enfant en raison d’une récolte désastreusement mauvaise. Cuddy est sceptique quant à sa propre capacité à mener avec succès cette expédition, alors lorsqu’elle rencontre George Briggs (Tommy Lee Jones), un voleur de terres qui a été laissé pendu, elle l’abat et lui offre 300 $ pour l’aider à atteindre l’Iowa. Il accepte à contrecœur.

“The Homesman” est une aventure difficile. Jones, avec les co-scénaristes Kieran Fitzgerald et Wesley Oliver, dépeint le sort de Cuddy et Briggs avec un réalisme implacable ; bien qu’ils emploient des éléments conventionnels (y compris une altercation avec Pawnee hostile), il y a peu de réconfort. On sent au creux de l’estomac qu’ils sont voués à une mauvaise fin, mais cette histoire prend quelques virages à gauche qu’on ne voit pas venir. En collaboration avec le célèbre directeur de la photographie Rodrigo Prieto (“Brokeback Mountain”, “Killers of the Flower Moon”), et béni avec une performance de niveau “Million Dollar Baby” de Hilary SwankJones peint une vision rigoureusement sombre du Midwest d’avant la guerre civile qui vous laissera secoué longtemps après le générique.

Je ne peux pas parler du rôle de Meryl Streep sans spoiler tout le film, mais attention spoiler, elle est sensationnelle ! Il est évident pourquoi Jones ne laisserait personne d’autre diriger ce matériel. “The Homesman” est une tragédie qui envisage l’expansion vers l’Ouest avec une absence totale de chaleur. La cruauté était alors la monnaie du royaume et, malheureusement, rien n’a changé.





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