Crédit photo : SACEM
La SACEM réclame une nouvelle fois l’adoption du projet de loi Darcos (projet de loi n°2634), selon lequel il appartiendrait aux développeurs d’IA de prouver « dans tout litige civil » que leurs modèles n’étaient pas formés sur les œuvres protégées.
La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) a récemment réitéré son soutien au projet de loi Darcos à Paris, où elle et bien d’autres étaient présentes à l’assemblée générale 2026 de la CISAC.
Sans surprise, l’IA a été au centre de l’attention lors de l’événement, au cours duquel les représentants des sociétés membres de la CISAC sont montés sur scène tout en brandissant des pancartes en français en faveur de la législation. “Les créateurs du monde entier soutiennent la loi Darcos”, indiquent des pancartes, selon la traduction de Google.
Mais comme le projet de loi est toujours en suspens à l’Assemblée nationale française, c’est la SACEM qui a publié un communiqué officiel implorant les législateurs d’adopter (ou du moins d’avancer) la mesure.
(Sur le front du « statu quo », Reporters sans frontières a clôturé le mois de mai en qualifiant le débat sur le projet de loi de « bloqué à l’Assemblée nationale ». Dans sa position actuelle du 11 juin, c’est-à-dire bon dernier, le projet de loi Darcos « n’a quasiment aucune chance d’être débattu à la Chambre », selon le texte.)
Outre l’utilisation généralisée d’un nouveau titre (la sénatrice Laure Darcos a présenté le projet de loi), le projet de loi Darcos reste inchangé par rapport à avril, lorsqu’il avait été adopté à l’unanimité au Sénat.
Comme nous l’avions rapporté lors de la SACEM (et SNEP) s’est rallié au projet de loi n° 2634 en mai, le projet de loi présumerait que les développeurs d’IA ont utilisé une propriété intellectuelle protégée pour entraîner leurs modèles « sauf preuve du contraire ».
“Sauf preuve contraire, dans tout litige civil, l’œuvre ou l’objet protégé par le droit d’auteur ou les droits voisins, au sens du présent code, est présumé avoir été utilisé par le fournisseur de l’intelligence artificielle”, peut-on lire dans le document traduit.
Dans cette dernière manifestation de soutien, la SACEM a réaffirmé sa position centrale selon laquelle l’utilisation non autorisée d’œuvres protégées pour former la génération IA constitue un vol.
« L’utilisation à grande échelle de nos œuvres pour entraîner des systèmes d’IA – sans autorisation ni compensation – constitue le plus grand pillage d’œuvres créatives et artistiques jamais perpétré », écrit la SACEM. « Et comme si cela ne suffisait pas, nos œuvres et la culture de nos pays sont submergées et diluées par des contenus synthétiques qui nous concurrencent directement. »
Cependant, en allant plus loin, l’entité a évoqué l’idée que l’adoption du projet de loi Darcos pourrait jeter les bases de la mise en œuvre de lois similaires dans toute l’Europe.
« Un tel vote trouverait un écho bien au-delà des frontières françaises », a indiqué la SACEM. « Il est urgent d’agir en faveur des créateurs du monde entier, qui savent que la France, comme elle l’a si souvent fait tout au long de l’histoire du droit d’auteur, peut une fois de plus montrer la voie et envoyer un message clair : le développement de l’IA ne doit pas se faire au détriment de la culture. »
Bien entendu, le temps nous dira si le projet de loi Darcos franchira la ligne d’arrivée et s’il suscitera d’autres mesures de répression contre l’IA ailleurs.
Mais dans l’ensemble, la mesure semble être révélatrice du climat réglementaire plus large pour les développeurs d’IA en Europe, où un tribunal allemand est désormais à moins de deux mois de rendre sa décision (initialement attendue pour la mi-juin) Le procès aux enjeux élevés de la GEMA contre Suno.

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